Marathon de Paris 2022 5


Voici les récits de course du marathon de Paris qui s’est déroulé le dimanche 3 Avril 2022.

 

Récit de Goé :

Après une préparation assidue et 3 ans sans affronter cette épreuve mythique m’y voila enfin. Une nuit bien compliquée… a se tourner et retourner dans le lit  pour trouver le sommeil en se disant merde faut je dorme …. Bref le réveil sonne… la nuit a été insuffisante mais je me sens prêt, je repense a mes entraînements et mon bon temps et gestion du semi de Rambouillet. Je ne peux que mieux faire !! 5h25 y a 3 ans en m entraînant seul pas très sérieusement  je vise 5h15 et secrètement la barre sous les 5hoo.

 

Dans le sas je me concentre sur les conseils de notre coach qui nous prépare si bien. De bien sûr Eric la gestion des montées descentes et des bras.  de mon rythme avec les conseils de Fabrice. Je veux que Lolo soit fier de moi. Le départ arrive assez vite. Je pars trop vite bien sur… je me freine encore et encore et je me sens pourtant si bien … toutefois ma montre me met en défaut…. Et je me dis ( pour une fois ) cours au feeling d autant que dès le premier km il y a 250 m d’écart bizarre… j’ai pas picolé avant le départ cette fois je dois pas zigzaguer autant…. Mon rythme est incroyablement haut et si ma montre déconnait aussi pour le rythme… allez go on y va on continue les 10 15 premiers km sont parfaits. Ça enchaîne bien aucune gêne aucune douleur. Le plan : maintenir le rythme jusqu au semi ensuite ralentir et au 30ieme en mode best-effort…L’avance accumulée devrait me permettre de me motiver et atteindre l’objectif. Puis au 22ieme grosse gêne au niveau du dos dans toute la colonne. Et au niveau des hanches cette douleur ne cesse de croître…. Je me dis prochain ravitaillement tu t’arrêtes, tu attends que le rythme redescende pour redémarrer sans aller dans le rouge et tu vois. Dès les premiers pas je sens que ça ne passe plus je sais que s’arrêter et marcher c’est se condamner … Les tunnels du bord de seine ne m’aident pas. Je n’y arrive plus, douleurs et manque de jus …. Là je comprends que ça va être difficile de finir et que je dois tirer un trait sur le target. Je ne trouve pas de personne a mon rythme normal je prends un sas qui ne me correspond pas pour ne pas arriver a 16hoo !! Du coup seul c’est chaud. Bref la suite c’est lutter pour franchir cette ligne et se préserver car je connais les douleurs d’une course et  là il y a autre chose : je pense aux peuples ukrainiens allez bats toi comme eux …. La machine dit non.

 

Au final tu te dis non mais sérieux hygiène de vie et entraînement ça ne sert à rien je suis déçu. Les heures d’effort hebdomadaires et limite je me fais pitié…. Tout ça pour ça !!! C est pas normal…. Sauf que dans un marathon si tout est normal…y a pas de hasard ou de chances comme ailleurs dans une vie, on t’apprend a courir à ton rythme toutes les semaines et tu ne le fais pas. On te dit que tu dois avoir un bon équipement et tu oublies que tu fais 95kg  et que tes chaussures ont 2,5 ans et 1500km….

Les douleurs au niveau de la hanche ce sont empirées   même après la course.

 

Le marathon c’est un learning process… je ne sais pas si un jour j’irais sous les 5hoo je sais juste que je vais vite remettre mes baskets ( enfin en ayant investi dans une nouvelle paire) et que je ne resterai pas sur cet  échec car oui c’est un vrai échec moralement en tout cas. Je garde mon semi positif pour cette année….

Je m’en veux aussi pour vous tous qui me motivez et  m’accompagnez à chaque séance…. Merci

 

On se revoit  bientôt Goë

 

Récit de Thomas : Mon 5eme Marathon et de loin le plus étrange pour moi !

Avoir la chance d’obtenir un dossard gratuit pour courir avec Jéjé dans la plus belle ville du monde, ca ne se refuse pas !

Comme lors du Marathon de Novembre 2021, je n’ai pas vraiment fait de préparation spécifique étant donné que je passe mon temps à la piscine dans le but de ne pas me noyer dans 6 semaines lors de mon premier Triathlon M 😊

En guise de préparation, je réalise quelques sorties longues le weekend et suis assez confiant sur mon foncier grâce au séances de natation et de vélo …. jusqu’au semi de Rambouillet !

Mon pire semi… pas l’envie, pas la pêche, manque d’abandonner au 20eme suite a des grosses crampes au pied et tendon d’Achille, tout ça pour une allure très proche de mon endurance fondamentale… bref, tout ce qui faut pour ne pas être en confiance le jour J.

Ajoutez 2 semaines de déplacement pro avant le MDP et tout est là pour un bon fiasco.

 

Je prends le départ avec un Jéjé en pleine forme, sans vraiment savoir ce qui va se passer…

J’applique la même méthode qu’en Novembre dernier, courir 100% au cardio en endurance fondamentale, sans regarder l’allure.

Mon but est de réaliser une sortie longue (très longue) afin de préparer mon corps à un effort de plus de 3h30 en vue des triathlons à venir.

 

Temps magnifique mais très froid.

Les 10 premiers kms passent très lentement, aucune sensations et des gros doutes sur ma capacité à aller plus loin que le kms 25, là où mes deux supportrices de choc (mon épouse et ma fille) m’attendent congelées.

Arrivé au 20eme, Jéjé se sent pousser des ailes et s’envole littéralement devant moi… gros coup au moral… mon but est alors d’arriver au 25eme et de plier les gaules.

 

Le 25eme arrive ma fille court avec moi pendant 1km en me tenant la main, je lui dis que je vais surement abandonner vers le 30eme… elle me répond qu’elle sait que non, que je vais finir et qu’elle me donne rendez-vous au 35eme…

En gros, elle me fait le même coup qu’en Novembre 2021 😊

 

Bref, ma nouvelle étape devient donc le 35eme (Merci Jeanne !) , je mange une banane au ravito du 30eme, ce qui me fait beaucoup de bien.

Lors du ravito, je regarde pour la première fois mon allure et m’aperçois que je suis a 5’38 soit sous les 4h…. à partir de là, tout a basculé…

La tête a (enfin) pris le dessus, les crampes arrivent mais ne me font (presque) rien, la cote du 32eme se passe assez facilement, bref ce n’est plus le même Marathon.

 

Je passe le 35eme avec la rage en disant a Jeanne qu’il n’en reste plus que 7 et que ça va passer crème…

Je regarde l’allure régulièrement, je vois que je baisse vers les 6’/km mais que je reste dans les temps pour battre mon RP de NY à 4h02’37’’

Je finis les deux derniers kms a 5’33/km pour un temps de 4h02’30.

Je n’en crois pas mes yeux en passant la ligne, je bats mon RP de 7 secondes et fini an 15’ de moins qu’en Novembre 2021… dingue.

 

Quelle drôle de course, complètement à l’envers de ce que je pouvais imaginer, la motivation est arrivée au 30eme qui est pourtant le kms le plus redouté.

Bref, on en apprend toujours sur soi-même lors de ces épreuves, et c’est probablement pour ça que je continue à courir 😊

 

Récit de Laurent L :

Je n’avais pas réellement couru de marathon depuis le 3 Janvier 2020 à Cernay, autant dire une éternité, avec en plus 2 ans de crise sanitaire qui n’ont pas arrangé le physique et le mental. Mon inscription Marathon de Pars 2020 a été reporté en Octobre 2021, j’ai fait l’impasse sur ce dernier, je ne me sentais pas de le faire, pas le physique, pas le mental, pas de prépa et des problèmes d’ordre personnels …. Bref un mauvais cocktail qui n’aurait servi qu’à sous-performer sur ce marathon et m’ enfoncer un peu plus dans la déprime. Parfois la frustration d’un forfait peut être moins nocive que l’échec d’une course (en tout cas c’est comme ça que je le ressens). J’ai plus apprécié de suivre les ASM depuis mon écran ce jour-là !

Par contre je me suis tout de suite inscrit après sur l’édition 2022 en me promettant d’assurer. Je passe l’hiver ou le plaisir de la course était en berne.

Entre temps j’apprends que Benoit S sera aussi sur le MdP 2022 et qu’il cherche un RP en sub 4 qu’il n’avait pas réussi en Octobre. Ok moi ça me va bien, je lui propose de l’accompagner sans lui dire que quelque part, pour moi, ça va aussi être pour un challenge, celui de rapprocher de mon niveau de 2019.

2022 arrive et ses bonnes résolutions, j’aborde cette nouvelle année un peu aussi comme un grand virage dans ma vie, et je me remets à bosser…. Le plaisir de courir revient, je ne fais aucune prépa marathon, je cours au feeling et à la sensation… pas de sortie longue (trop long justement), juste 2 semis en guise de hors d’œuvre et le marathon de Givry une semaine avant. Et pourtant je ne suis pas inquiet, même si je sais que moins de 4H (pour moi) ce n’est pas rien.

La semaine arrive et oh surprise, Eric a décidé nous rejoindre dans ce trip, déguisé en Césaric, il est incroyable ! il enchaîne Ecotrail, Givry et Paris soit 165km de course officielle en 3 semaines.

Allez jour J, départ en voiture à 3 (c’est plus simple) ! on arrive sans souci dans le SAS 3h45 ! on chauffe un peu (il fait froid), moi je pisse pour la 50ième fois et départ !!! Je précise qu’à ce stade on a déjà eu 150 personnes qui ont lancé des « Avé César » !!! je sens que Césaric va être très populaire.

Le plus compliqué c’est de ne pas partir comme des balles… on se cale une allure de 5’40, disons 5’38 en comptant les ravitos.

Dès le départ Césaric fait des émules, je me dis qu’il va pas tenir comme ça pendant 4h ! En fait on va imprimer une allure de 5’33 – 5’35, tant que les vraies difficultés ne sont pas encore en vue. Globalement sur Paris le début est assez roulant, jusqu’au semi, voir jusqu’aux quais de seine (24ième). Benoit parle peu, il gère sa course et est dans sa bulle, moi je m’amuse à regarder Césaric faire le show et prendre des photos/vidéos.  A parti du Troca les organismes commencent à souffrir un peu, je reste un peu 30 mètres devant pour imprimer l’allure, au 32ième on croise Goé ! Çà fait plaisir de le voir, mais il a l’air en souffrance. Peu avant le 35ième je commence à voir Benoit serrer les dents, mais c’est normal, si t’es sur un RP c’est que tu as décidé de te faire mal. A 36km malgré une baisse d’allure, on est annoncé à 3h58, il ne fait aucun doute pour moi que je pourrai emmener Benoit sous les 4h, je me sens en forme et je m’amuse. A partir de la fondation Louis Vuitton là ça commence à coincer pour Benoit, il perd beaucoup de temps il alterne course et marche, pourtant je le voyais bien jusque là.

J’attends impatiemment de franchir le 40 pour surmotiver Benoit, en référence à mon Nico (Soja) qui m’avait motivé comme jamais à ce niveau en 2019 : « Allez Benoit ! Il te reste 2 kilos, un pour ta femme, un pour ta fille et les 200 derniers mètres ils sont à toi pour retrouver le sourire et être fier de ton exploit. Mais notre Benoit est à plat, j’ai l’impression qu’il n’y a plus une goutte de carburant dans le réservoir (Il va falloir que tu trouves une vraie façon efficace de t’alimenter, les « pompotes » c’est pas possible). A 200m de l’arrivée Valérie L se tient postée avec la foule et hurle comme une furieuse pour nous encourager. Même les 200 derniers mètres ont été durs, j’ai eu un peu peur que Benoit nous fasse un malaise, mais il est arrivé et même si c’est pas un Sub 4, c’est 4h04 soit 15mn de moins qu’en Octobre, ce qui est énorme.

Ben, je sais que tu as été un peu déçu sur le coup  (je peux le comprendre j’aurais été déçu aussi) , mais tu as fait une belle perf. Ta défaillance sur les 3 derniers kilos n’est pas dû à un manque de prépa (sinon tu aurais craqué avant), je pencherais pour l’alimentation.

Voila encore un marathon de Paris de plus à mon palmarès, qui doit en compter 8 (ou 9). Retrouver cette foule, quelle joie !!

Prochain marathon à Saumur, j’accompagnerais bien Edwin pour son premier, ça va être sympa.

 

 

Récit de Benoit S :

Le Schneider Electric Marathon de Paris, une course organisée par la famille (🤣), obligé de faire bonne figure et d’y participer…

Tout commence fin 2021, peu de temps après l’édition du marathon au mois d’octobre (4h19) où les inscriptions se sont ouvertes pour la course qui a eu lieu dimanche dernier. Rapidement, j’ai proposé à Laurent (Lolo) de remplacer Laurent (Yoda) – qui m’a aidé sur 2021 – pour m’accompagner sur les 3h59 de course (objectif 😉).

Une préparation quasi similaire à l’édition précédente à l’exception d’un ralentissement des sorties à l’approche de la course (cf conseils des anciens).

Quelques jours avant le départ j’apprends qu’un « nouveau » prénommé « Cesaréric » (j’ai cherché sur le trombinoscope mais pas trouvé cet adhérent) se joint à nous pour cet objectif de 4h, excellente nouvelle (je vais avoir une pression de ouf) !

Le jour J, et mes affaires préparées de la veille, me voilà parti d’Aulnay avec les 2 compères ; il fait pas chaud…

Arrivé sur place et garé pas trop loin, nous nous rendons aux vestiaires. Dernier préparatifs (vieux sweat et poncho plastique) et nous dirigeons vers le sas de départ (3:45).

Très peu loquace et dans ma bulle j’étais pas très expressif depuis le départ d’Aulnay. Moins dans le stress quand même car pas de tremblement avant de passer la ligne de départ (l’expérience peut-être).

« César, les hommes qui vont mourir te saluent », et nous voilà parti pour les 42,195km.

Allure parfois un peu rapide, parfois plus lent dans les faux plats montant, on a passé le semi en 1h58, on est dans les temps pour les 4h… Les ravitaillements s’enchaînent, toujours 2 tranches de pain d’épices, une bouteille d’eau et un beau panier de loin pour la jeter.
Césareric, toujours à faire signe de la main et parfois même à courir en arrière pour nous voir avancer (😳), impressionné alors que je donnais tout…
Nous voilà attaquer les quais de Seine au KM24, on passe les tunnels et les montées en sorties. Eric en montées : « petits pas, ralenti la cadence et balance tes bras… », le KM30 arrive.
Laurent : « Le mur, on t’enc… » et nous voilà poursuivre toujours à la même cadence.
Au KM38, Éric : « Voilà on t’a emmené jusque là, maintenant c’est à toi de jouer ! ». Dans un élan de courage, me voilà accélérer mais rapidement rappelé à la réalité par les anciens de conserver la cadence.
KM39, très dur ! Je commence à marcher et vois s’envoler les 4h. Plus que 3 km, grosse ambiance, les émotions arrivent, suis dans le dur. La fin est vraiment dans la difficulté pour finir en 4h04:30 (-15min vs octobre 2021).

Encore un record personnel sur cette suite : 5h20, 5h, 4h30, 4h19, 4h04. RDV l’année prochaine pour toujours le même objectif depuis le départ -4h !

Après analyse, suis impressionné de la régularité :
0-10k 55:29
10-20k 55:42
20-30k 55:56
30-40k 58:16

Sincèrement, un grand merci à Laurent et Éric ! Je suis persuadé que sans eux, je n’aurais pas réussi à faire le même temps…

A la pesée au retour à la maison, j’ai perdu 2,6kg par rapport au réveil.

 

Résultats :

Benoit Schneider : 04:04:30
Eric Lonchampt : 04:04:30
Goery Join : 05:38:16
Jérôme Tanchot : 04:13:25
Laurent Leturger : 04:04:30
Thomas Boudrot : 04:02:30

Vidéo :

Diaporama :


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5 commentaires sur “Marathon de Paris 2022

  • mm
    Eric LONCHAMPT

    Un marathon c’est une introspection, un don de soi : soyez fier de passer cette ligne mythique, peu importe le chrono ! je suis admiratif de vos performances et de votre courage : mention spéciale à Goé.
    J’avoue avoir pris un pied tout particulier à vous accompagner mes centurions du moment ; lolo, mon binôme de choc qui revient et de quelle manière, en gentleman runner. Benoit ne retient que tes progrès, oublie le reste…et travail sur ton alimentation post et pendant le marathon.
    Avé vous !

  • mm
    Marianne FOREY

    Merci, j’ai un peu revécu le MDP2021 grâce à vos récits.
    Goé, Bravo d’avoir été jusqu’au bout ! je pense que tu es capable de descendre sous les 5h.
    Benoit, ta progression est impressionnante…
    Thomas, chapeau pour le récit de ce marathon plutôt insolite !

  • mm
    Laurent MASSET

    J’ai adoré tous vos récits bien différents les des autres. Je retiens plus particulièrement la souffrance de Goë. Faut dire que commettre autant d’erreurs de débutants… Comment peut-on courir avec des chaussures affichant plus de 1.500 kilomètres avec 95 kg à trimballer !!! Pourquoi pas avec des palmes ou des chaussures de ski pendant qu’on y est ?
    Je vais te trouver un marathon plat et je vais te conduire en moins de 5 heures (plus de 5 heures, je ne sais pas faire) avec une prépa bien sûr.
    Jérôme et Thomas, je suis moins surpris car j’ai déjà couru avec Tom. Vous partez TROP vite les gars ! Combien de fois ai-je dit que lorsqu’on se sent bien, c’est qu’on va trop vite ?
    Enfin, Benoît… Comme le dit Éric, les compotes c’est pas génial. Mais j’avoue ne pas comprendre ta fin de course pour t’avoir observé a l’entraînement… Tu devrais être sur les bases d’un 3h45 voire 3h30. Ta résistance doit être davantage travailler et ta récupération également, insuffisante pour moi.
    Bravo à tes deux guides qui ont fait le job.